Saison 10 - La deuxième levée de fonds

Épisode 8 - Novembre 2022-Janvier 2023 - Tout est prêt. On repart au front !

Adrien Aumont — Après ce moment d’introspection, l’idée de repartir au front pour un nouveau roadshow est excitante. Très excitante même. Certains investisseurs nous connaissent déjà mais, dans ce milieu, tout va vite. Les projets naissent et meurent rapidement. Un tour de table raté et c’est parfois la fin d’une aventure entrepreneuriale. Mais pas pour nous, pas pour Midnight Trains. Nous avons trop investi de nous-mêmes et nous croyons trop profondément à notre modèle pour reculer maintenant. Nous l’avons toujours dit. Nous sommes guidés par deux valeurs cardinales : le sérieux et l’optimisme.


D’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls à y croire. La banque d’affaires ne doute pas un instant de sa capacité à lever des fonds pour mener ce projet à bien. Dès qu’elle a commencé à regarder notre dossier, son analyse a été très claire. C’est beaucoup moins risqué que certains autres projets pour lesquels ils sont allés au bout. Et avec des montants faramineux. Autrement plus importants que ceux dont nous avons besoin. Franchement, ça nous fait du bien d’entendre ça. Ce sont des spécialistes de la levée de fonds et ils portent un regard frais sur le projet. Ils n’ont pas le poids des échecs précédents sur les épaules. Ils sont confiants. Ce qui nous aide à croire que nous ne sommes pas des extra-terrestres, que nous ne sommes pas les seuls à croire à Midnight Trains et à son approche innovante. Pour rappel, la banque ne se paiera pas si elle ne parvient pas à boucler le financement… Elle n’a donc aucun intérêt à prendre un projet auquel elle ne croit pas.

Romain Payet — Même si le lancement de ce nouveau roadshow est excitant, il faut bien comprendre que ça ne se passe pas en un jour. Ce n’est pas un envoi d’emails à une liste de VC (les fonds de capital-risque) comme cela a pu se passer précédemment. Tout d’abord, c’est la banque d’affaires qui est à la manœuvre. Grâce à l'expertise pointue de ses équipes et au réseau de ses talentueux associés, elle présente notre dossier aux différents fonds d’infrastructures que nous avons sélectionnés ensemble. Ceux dont elle est proche, avec lesquels elle a déjà réalisé des financements. Mais aussi ceux avec lesquels elle a collaboré moins souvent. Elle procède pour cela à des prises de contact qui ont autant de formes différentes qu’il y a de fonds. Enfin, elle envoie des emails contenant le nouveau dossier de présentation aux cibles avec lesquelles elle n’a jamais collaboré et/ou n’a pas de lien direct. Ces trois catégories ont un point commun. La banque d’affaires — qui connaît leurs besoins et maîtrise les grandes tendances de marché — considère qu’ils peuvent être intéressés par Midnight Trains. Que ce dossier est pertinent à ce moment précis. C’est dans ce savant équilibre qu’est leur expertise.


Au total, cela prend donc près de trois semaines. Les réponses prennent du temps. Tant et si bien que, lorsque nous partons rejoindre nos familles pour les fêtes de Noël, nous n’avons que quelques débuts de réponses. Nous savons par la banque d’affaires que les premières marques d’intérêt arrivent. Il faut savoir qu’à ce stade, nous n’avons visé que le cœur de cible : les fonds d’infrastructures, les fonds de croissance et les fonds dits corporates (nous y reviendrons bientôt dans un épisode) les plus à même de financer Midnight Trains. Or, ils n’ont reçu qu’un teaser, à peine quelques slides présentant le projet. Et anonyme avec ça. Quelque chose du genre : Nouvel entrant dans le secteur ferroviaire cherche fonds pour financer le lancement de sa première ligne. Je résume un peu, bien sûr, mais l’idée est là. Si les fonds en veulent plus, ils doivent signer un accord de confidentialité. S’ils le font, ils ont accès à des informations confidentielles sur le projet. Des chiffres. Du concret. Sur lesquels ils mettent immédiatement une équipe. Car, contrairement aux VC, ils étudient le sujet en profondeur avant de soumettre une lettre d'intérêt. Ils ne le rejettent ni ne l’acceptent facilement. Ils creusent, profondément. Ils cherchent ce qui pourrait fonctionner et coller à leur thèse d’investissement. Ils étudient les possibles. Ce qui, bien évidemment, prend du temps.

Nicolas Bargelès — En ce Noël 2022, nous partons donc dans nos familles dans l’incertitude la plus complète. Avec de grands espoirs mais des bribes de réponses. C’est un moment psychologiquement difficile pour toute l’équipe. Nous l’avons assez répété, nous croyons au projet. Pourtant, c’est dur de partir. De voir que l’entièreté du monde des affaires éteint la lumière pour aller manger de la bûche alors que nous venons d’envoyer notre dossier à tous ces investisseurs potentiels. Que nous attendons une réponse déterminante pour la suite de Midnight Trains. Que nos liquidités s’amenuisent et que nous savons que c’est le dernier roadshow. Pourtant, le mois de janvier va nous réserver une drôle de surprise.

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