Acheter un train, mode d'emploi simplifié

S01E01: l'occasion fait-elle vraiment le larron ?

Vous êtes nombreux à nous faire part de votre impatience à voir nos hôtels sur rails relier Paris aux grandes villes d’Europe ! C’est en 2024 que le premier de nos trains quittera Paris à la nuit tombée, pour vous permettre de vous réveiller sous les lumières naissantes du sud de l’Europe. D’ici là, nous avons à cœur de vous préparer la meilleure des expériences voyageurs à bord, et les étapes sont nombreuses quand on veut réenchanter de fond en comble, les trains de nuit !

A compter de cette semaine, nous vous emmenons dans les coulisses de notre aventure. Et pour vous accueillir de façon inédite à bord de nos trains, il nous faut commencer par le commencement : l’acquisition de nos trains. Sans vous dévoiler nos plans (vous en comprendrez aisément les raisons aussi stratégiques que concurrentielles), nous vous expliquons comment obtenir ce que l’on appelle dans le jargon ferroviaire, le matériel roulant, au moyen d’une série de trois articles sur le sujet.

Deux options sont possibles pour un nouvel opérateur comme nous : le matériel d’occasion ou le matériel neuf, qu’il est possible de financer de deux manières. Soit en l’acquérant en propre (et nous serions alors propriétaires de nos trains) soit en passant par ce que l’on appelle le leasing (et nous les louerions, dans ce cas de figure). Chacune de ces possibilités a évidemment ses avantages et ses inconvénients, sans que l’une ou l’autre ne constitue la recette miracle.

Dans ce premier épisode, concentrons-nous sur le matériel d’occasion pour lequel plusieurs nouveaux opérateurs ferroviaires européens, comme Regiojet ou Transdev, ont préféré. A première vue, cette solution a l’avantage de limiter le coût d’acquisition (ce matériel étant théoriquement moins cher que le neuf) comme de diminuer le temps de mise en service (les délais de production de matériel neuf pouvant être longs). Comme toujours, les choses sont en tout cas toujours un peu plus complexes qu’elles n’y paraissent !

En Europe, le matériel d’occasion est très rare. La plupart des nouveaux opérateurs sont en quête de ce que l’on appelle le matériel tracté : des voitures passagers qui sont donc emmenées par une locomotive, à la façon des voitures Corail dans lesquelles vous avez pu prendre place lors de vos voyages en TER, en France. Or, ce type de matériel a été très peu produit au cours des vingt dernières années, tant les opérateurs historiques étaient tout focalisés sur le développement de la grande vitesse et son matériel automoteur, tel que celui du TGV.

La conséquence est dès lors logique : le matériel tracté d’occasion est davantage demandé que disponible, sa quantité est insuffisante pour lancer ne serait-ce qu’une ligne, et lorsque vous en disposez, son âge et son état impose une opération de rénovation. Celle-ci peut s’avérer plus ou moins coûteuse et elle est néanmoins essentielle pour prolonger sa durée de vie et d’utilisation de dix à quinze années supplémentaires.

En fonction de la vision de l’opérateur et du service qu’il souhaite proposer à ses futurs voyageurs (et dans notre cas, vous êtes au cœur de notre ambition), un réaménagement de l’intérieur peut être envisagé. Cette opération consiste à repenser la disposition des espaces intérieurs, l’emplacement des fenêtres, les points d’eau,... C’est une opération en plus, qui a aussi un coût, plus ou moins élevé en fonction des modifications à apporter, et retarde les délais de mise en service.

Dernier point à prendre en compte : le matériel tracté d’occasion étant rare, il est courant que l’opérateur (ou l’atelier en charge des opérations de rénovation et/ou de réaménagement) ne se trouve pas dans le même pays que le matériel en question. Il faut alors organiser l’acheminement du matériel vers l’atelier, voire les ateliers si la rénovation et le réaménagement n’ont pas lieu au même endroit, engendrant alors un coût et des délais additionnels.

Alors voilà, si au premier abord, l’occasion pourrait faire le larron, les coûts additionnels de toutes ces opérations, comme les délais de ces opérations, ont de quoi vous y faire réfléchir à deux fois. Sans compter que la quête de ce graal ferroviaire demande un travail de recherche qui peut être long et coûteux. Rendez-vous la semaine prochaine pour notre prochain épisode où nous vous dirons tout des possibilités offertes par l’autre option à considérer : le matériel roulant neuf.

NB : Expert.e.s du ferroviaire, ces explications sont données dans les grandes lignes et bien d’autres éléments sont évidemment susceptibles d’entrer en ligne de compte.

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